08.09.2009

C'est l'histoire d'une fille qui aime les cochons et les gens bons ...

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Valérie, c'est une amie. Depuis fort longtemps, elle s'est consacrée à la protection animale et notamment à celle des animaux à groin.
Avec son association La forêt de Léa, elle recueille, soigne, dorlotte cochons nains, cochons de ferme et sangliers.
Ces bestioles n'ont pas eu une vie facile, qu'elles aient été promises à l'abattoir ou à crever sous les balles des viandards.
Mais la vie de Valérie n'a pas été facile non plus, là-bas, dans la Sarthe, à Savigné-sous-Le-Lude; on peut même dire que cela a été une vraie galère, la faute à un propriétaire peu scrupuleux.
Et c'est un euphémisme.
Ce type est un bel enfoiré.

Valérie et les animaux qu'elle héberge seront expulsés des lieux le 09 octobre. C'est une décision de justice. Inique mais implacable.
Valérie est désespérée.Tout s'effondre. Tous ses efforts, ses sacrifices, seront bientôt réduits à néant. 
Elle a entamé une grève de la faim pour attirer l'attention du plus grand nombre sur son sort et sur celui qui attend ses protégés.
 
Tu prendras connaissance des détails de cette triste histoire ici  http://www.laforetdelea.org/histoire_detaillee.htm   et
bien entendu, tu signeras la pétition mise à ta disposition : http://www.lapetition.be/en-ligne/grve-de-la-faim-pour-sa...

23.06.2009

Le pont, c'est bon pour l'écureuil

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L'association Le Pic Vert (http://lepicvert.club.fr/index.html)  est une association de protection de l'environnement basée dans l'Isère.
Particulièrement dynamique, son équipe a eu une idée géniale.
On avait constaté que sur la route de l'Agnelas à Voiron, de nombreux écureuils se faisaient écraser.
Les  services techniques de la mairie ont alors sollicité l'association pour installer un pont à écureuil, fait de vieilles cordes de spéléologie et d'escalade tressées et reliant à 7 mètres de hauteur deux grands arbres situés de part et d'autre de la voie.
Et ça marche !

L'association a tout un stock de cordages de ce genre à recycler. N'hésite pas à les contacter pour venir en aide à nos amis roux.

 

20.05.2009

Suivez le guide... des oiseaux des villes et des jardins

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Tu retireras trois avantages à acheter Le guide des oiseaux des villes et des jardins (Editeur Belin) de notre ami Jérôme Morin :

-Mieux connaître ces délicats êtres vivants, découvrir les différentes espèces (les 100 espèces les plus fréquentes sont décrites dans ce livre) grâce à un système original d'onglets et de grandes photos, savoir l'essentiel sur leurs caractéristiques (chants, trilles, habitudes...)
-Aider Jérôme Morin à faire vivre son remarquable site
http://www.web-ornitho.com/ dédié à la défense de l'environnement et qui met à disposition des fous de nature et des amoureux des bêtes à plumes et à poils des conseils, des photos, des renseignements divers et variés
-Permettre de lancer quelques actions en faveur de la biodiversité car le produit des ventes du guide sera alloué au financement d'initiatives (acquisition d'espaces naturels pour en faire des refuges etc) dans la transparence la plus complète.

Le jardin est un milieu à part entière pour les oiseaux, qu'il soit enclavé ou non. Même façonné par l'homme, il peut et doit être un espace accueillant et hospitalier pour les bestioles ailées. 

Si tu vas à l'adresse ci-dessous, tu pourras consulter quelques pages de ce bouquin : http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-g...

Son prix est modique, tout juste 16,90 euros. En plus, si tu le commandes en passant par le site de Jérôme, les frais de port te sont offerts.   

 

06.05.2009

Elle est pas belle la vie ?

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Ce cochon n'est pas mort. Il pionce comme un bienheureux, sur son lit de paille toute fraiche. La main qui lui caresse la joue, c'est la mienne.
Samedi dernier, nous étions quelques volontaires à avoir donné un coup de main, toute la journée, de neuf heures du mat' à 20 heures, au couple de bénévoles qui s'occupe de la Ferme des Animaux Sauvés de la Mort (FASM), un refuge en Vendée qui recueille des bestioles en route pour l'abattoir ou maltraitées par des proprios et maquignons infects.
Galgos, chèvres, moutons, canards, poules, cochons, vaches et autres animaux accueillis coulent ainsi des jours heureux, à l'abri du besoin et entourés d'affection. Certains d'entre eux sont placés, notamment les chevaux.

On a monté un nouveau poulailler, plus résistant aux intempéries, élevé un mur de parpaings pour protéger la grande étable et nettoyé ce qui devait l'être : les boxes.
Leurs locataires sont allés faire un tour dans les prés pendant qu'on enlevait le fumier et le lisier. Les sols ont été récurés puis recouverts d'une bonne paille bien sèche.
D'où le bonheur du cochon qui était même venu vérifier dans l'après-midi qu'on construisait le poulailler correctement après avoir tenté de bouffer la notice de montage !

J'ai eu quelques minutes de répit pour prendre quelques photos. Celles de l'ânon, de la jeune biquette caline comme tout et de ce coq perché sur le dos d'un cochon afin de manger les minuscules insectes qui parcouraient son échine !


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02.05.2009

Le vrai roi sauvage

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Ce sera difficile de faire mieux. Comme synthèse, on est à la noce. Il y a de la profondeur et du punch, mis au service d'un savoir incontestable.
Tout ce qu'il faut savoir sur l'ours ? c'est possible !
Carnivore, omnivore, herbivore ? Dangereux, craintif ? Menacé, menaçant ? Combien ? Où ? A quoi ça sert ? Combien ça coûte ?
Toutes les réponses sur l’ours des Pyrénées : l’espèce, son mode de vie, ses relations avec l’homme, le programme de restauration ... sont accessibles ici :
http://ferus.org/spip.php?article1639

C'est donc à lire sur le site de l'association FERUS, qui fait un boulot formidable. Et pourquoi ne ferais-tu pas comme moi ? C'est à dire adhérer (la somme est modeste) pour oeuvrer à la conservation et la protection de ces trois magnifiques grands prédateurs que sont le lynx, l'ours et le loup, en France.

Un petit extrait, que voici que voilou :

Pourquoi sauver l’ours ?

C’est avant tout une question éthique et morale. La bonne question n’est-elle pas 'avons-nous le droit de laisser disparaître cette espèce ?'. Si oui, pourquoi pas d’autres ?
Renoncer à une seule espèce, c’est accepter la disparition de toutes.
L’ours n’est ni utile, ni nuisible ; il n’a pas à se justifer d’exister. Il bénéficie par ailleurs d’une image très forte et très positive. Les Pyrénées ne sortiraient que renforcées et valorisées de rester le ' Pays de l’Ours'. Comme en témoignent les expériences internationales (Italie, Grèce, Espagne…), il y a là un potentiel de valorisation économique et touristique que nous négligeons.
C’est une raison supplémentaire de le protéger.

Ours slovène, ours pyrénéen, quelle différence ?

Ils appartiennent tous deux à la même espèce, et à la même lignée occidentale d’ours européens.
Par ailleurs, les habitats étant comparables, les ours pyrénéens et slovènes ont exactement le même comportement et le même régime alimentaire. La meilleure preuve a sans doute été apportée par Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne : elle a choisi Néré, un jeune mâle d’origine slovène comme père de son dernier ourson … Les animaux apportent parfois eux-mêmes les réponses aux questions que se posent les hommes …

L’ours est-il dangereux ?

Non, pas particulièrement. L’ours brun européen est méfiant et craintif envers l’homme. Il évite toute rencontre autant que possible. En cas de rencontre, il cherche toujours à fuir. S’il se lève, ce n’est pas un signe d’agressivité, mais une position lui permettant de mieux identifier par l’odorat ce qui approche.
En France aucun homme n’est mort d’une attaque d’ours depuis 1850.

 

18.04.2009

Bleu, vert, or, ça chante et ça enchante...C'est la fête de la nature

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L’Association Fête de la Nature créée par l’ensemble des 42 réseaux publics et associatifs de protection de la nature rassemblés au sein de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) et Terre Sauvage lancent la troisième Fête de la nature.

Les deux années précédentes, la Fête de la nature a permis à l’ensemble des Français de vivre un week-end au cœur des sites naturels, en compagnie des acteurs de la protection de la nature.
Près de 1500 manifestations ont été proposées dans toutes les régions, y-compris en outre-mer. Le succès était au rendez-vous avec plus de 300.000 participants, 400 structures locales organisatrices. Pour mai 2009, plusieurs milliers de manifestations sont en préparation.

Cette Fête a été imaginée par des amoureux de la nature pour donner à tous le plaisir de découvrir ou redécouvrir ses richesses naturelles, pour renouer des liens forts avec l’environnement. Pendant un week-end, des professionnels et des bénévoles des réseaux de protection de la nature* font découvrir (gratuitement) des espaces connus ou inconnus.
Des centaines de balades, dans des lieux familiers comme dans des coins inaccessibles en temps normal, sont organisés par ceux qui en connaissent les moindres détails.
Le public est invité à découvrir des espèces emblématiques ou méconnues, à arpenter des territoires parfois familiers sous la conduite de guides naturalistes, pour mieux comprendre le travail et la passion des gestionnaires d’espaces naturels, des forestiers, des acteurs de la protection de la nature qui veillent au maintien de la biodiversité.

Pour cette troisième édition, les organisateurs souhaitent voir participer aussi les particuliers. Ils sont nombreux à entretenir un coin de nature dans leur propriété ou dans leur simple jardin. Créer la convivialité et l’échange autour de la nature dans des lieux privés est aujourd’hui un objectif de la Fête de la Nature 2009.
Le mot d’ordre en 2009 est aussi "Organisez votre sortie nature ! Partagez votre nature ! Ouvrez vos jardins sauvages !" Tout un programme… Les naturalistes sont aussi près de chez vous, et vous ne les connaissez pas toujours… Ils vous montrerons ce qui se cache derrière leur porte…
Ce week-end là est une occasion de les rencontrer !

La Fête de la nature est aussi un moment exceptionnel de sensibilisation aux urgences et aux enjeux de la protection de la biodiversité. Elle permet de s’interroger sur la place de l’homme dans la nature et sur sa responsabilité dans la conservation de la biodiversité.

Pour tout savoir : http://www.fetedelanature.com/

* Les viandards sont écartés de ce rendez-vous.   

 

10.04.2009

Un jour, un oiseau

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Flora Huynh est artiste coloriste illustratrice. C'est son métier. Elle a 34 ans et a une passion pour la gent ailée.
De sorties ornithologiques en observations, elle a découvert la richesse et la diversité du peuple des oiseaux.

Elle a réalisé des centaines de croquis, très souvent sur le terrain, parfois sur la base de photographies.

Depuis septembre 2008, Flora tient un blog qui s'intitule One day, One bird. C'est facile à traduire, hein ?

Un jour, un oiseau, toujours différente, la bestiole à plumes. C'est un exercice de style difficile que de s'imposer ce rythme spécial.
De temps en temps, elle laisse échapper son imagination et dessine des oiseaux rigolos, qui n'existeraient que dans une nature inconnue de nous.

Tu vas aller visiter son blog, j'en suis sûr. Tu noteras que son dessin n'est pas hyper réaliste, à la façon des guides naturalistes. Mais sois certain que tous les détails essentiels de l'oiseau sont repris, ce qui traduit de grandes connaissances ornithologiques.

Pour les fanas de dessin (salut Cédric), Flora utilise plusieurs techniques, feutre pinceau, collages, couleur, noir et blanc...

Son blog : http://onedayonebird.livejournal.com/

 

08.04.2009

La petite encyclopédie des champs et des bois

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Même si ça n'arrive que tous les six mois (et encore), qu'est-ce que c'est bon !
Hmmmmm...
Ce plaisir est-il provoqué par la rareté de ces moments ? Assurément. Mais l'objet de notre attention en vaut la peine aussi.

Je parle bien sûr du dernier numéro du journal le plus lu dans les terriers, La Hulotte.
Le numéro 92 est arrivé, tout printanier, dans la boite aux lettres hier. Il est consacré à une petite bête mal-aimée, surtout en été, quand elle a le malheur de traîner autour des tables et des assiettes.

Le frelon, puisque c'est de lui dont il s'agit. Plus exactement de la reine des frelons, cette altesse qui vient de se réveiller début avril après plus de six mois de sommeil, sans manger.En puisant dans ses réserves.
Sa tâche ? Construire une maison douillette pour y loger des oeufs, qui deviendront larves puis frelons, des ouvrières toutes gentilles qui lui rendront la monnaie de sa pièce en s'occupant d'elle à temps complet.

Cet hyménoptère a mauvaise réputation, comme les guêpes.
Voici pourquoi La Hulotte est, depuis plus de 30 ans, indispensable à quiconque aime la nature et ceux qui la peuplent.

Vautour fauve, castor, triton, Sphinx Colibri, Ombellifères, Pic noir, Sarcelle et tant d'autres ont été mis à l'honneur par ce petit semestriel entièrement illustré par des dessins. Il n'y a pas une seule photo.

La Hulotte, avec son style rigolo et pimpant, est la bible des curieux et des familiers de la nature qui ne se prennent pas au sérieux.
La Hulotte, c'est vraiment la petite encyclopédie des champs et des bois.

Le site pour découvrir la revue et t'abonner : www.lahulotte.fr 

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05.03.2009

Chaque bouchée change lemonde

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"Si un livre et une tête se heurtent et que cela sonne creux, le son provient-il toujours du livre ?"
Georg Christoph Lichtenberg.

Jane Goodall  était la semaine dernière à l'Ecole nationale de chimie de Paris, dans le cadre de la campagne 'L'école agit'.
Elle s'est essayée à sensibiliser des collégiens (de la sixième à la troisième) sur la problématique de notre empreinte carbone et à leur faire comprendre que notre alimentation n'était vraiment pas neutre en matière de destruction de l'environnement et de réchauffement planétaire.

L'article qu'a publié Frédéric Joignot, journaliste au quotidien Le Monde, est remarquable. C'est un exercice délicat que d'en isoler les passages les plus intéressants.
Je me suis donc fait une raison et un petit plaisir : j'ai conservé la quasi totalité du papier.
Frédéric :  Really good job ! Et merci du fond du coeur.

"Jane Goodall a été honorée pour ses travaux par la National Geographic Society, reçu la médaille Benjamin Franklin pour les sciences de la vie, le titre de "messager de la paix" des Nations unies, la récompense Gandhi-King pour la non-violence – et elle est officier de la Légion d'honneur française. Elle est l'auteur de plusieurs livres, essais et articles d'éthologie importants. Elle sillonne désormais le monde pour alerter l'opinion. Elle passe à Paris en cette fin janvier pour lancer un nouveau combat, défendu dans son dernier ouvrage paru : Nous sommes ce que nous mangeons.

Pourquoi s'intéresse-t-elle aujourd'hui à la nourriture ?
Toujours à cause des animaux.
D'entrée d'entretien, sa colère gronde. "Quand des gens me disent qu'ils sont révoltés par les traitements que nous infligeons aux animaux, cela me met en rage. Que font-ils pour les empêcher ? Quels animaux mangent-ils tous les jours ? Aident-ils les populations défavorisées qui tuent les espèces menacées pour se nourrir ?"

Jane Goodall est une vieille dame indignée. Il y a de la suffragette britannique, de l'anarchiste activiste derrière ce sourire lumineux. En arrivant à l'Ecole nationale de chimie, elle courait dans l'escalier. "Je fais un peu de gymnastique. Je suis végétarienne, regardez comme je suis en forme. Nous pouvons tout à fait nous passer de viande, vous savez !"

Dans son livre, Jane Goodall dénonce notre "boulimie" occidentale de viande. Elle en énumère les conséquences, comme l'avait déjà fait l'économiste Jeremy Rifkin dans son étude Beyond Beef ("Au-delà du bœuf", Plume Books, 1993, non traduit).
Les chiffres qu'ils citent effraient. 1,2 milliard de bœufs, vaches, veaux et moutons destinés à l'abattage vivent sur terre : 100 000 bovins sont abattus par jour aux Etats-Unis, 3 000 000 par an en France.
Ce véritable continent d'animaux de boucherie, et la monoculture céréalière qui l'accompagne, occupent 25 % des terres cultivées planétaires. Un tiers des céréales mondiales nourrit le bétail que dévorent un demi-milliard d'Occidentaux trop gras.

Au Brésil, 23 % des terres arables vont à l'alimentation du bœuf exporté, au détriment du maïs et des haricots noirs, nourriture de base des paysans. 90 % du bœuf du Guatemala, pays en malnutrition, part aux Etats-Unis. 50 000 tonnes de bœuf passent chaque année de l'Amérique latine aux Etats-Unis. 

Les conséquences ? L'obésité : 6,7 milliards de hamburgers sont vendus aux Etats-Unis chaque année dans les fast-foods.
En moyenne, un Américain entre 7 et 13 ans mange 6,2 hamburgers par semaine, presque un par jour. L'eau gaspillée : selon Rifkin, 50 % de l'eau consommée aux Etats-Unis sert à l'élevage. Et le réchauffement planétaire : les déjections et pets des ruminants libèrent chaque année dans l'atmosphère 60 millions de tonnes de méthane, dont la molécule accumule vingt-cinq fois plus de chaleur solaire qu'une molécule de CO2

"Au départ, je voulais juste écrire un livre de recettes végétariennes, explique Jane Goodall avec son joli sourire de grand-mère. Et puis j'ai commencé à enquêter sur la façon dont le monde se nourrit. J'ai été épouvantée. Nous avons perdu la raison !"  Son ouvrage commence par un hommage à la cuisine française et à notre tradition de pays "gourmet". Elle y décrit sa fascination pour toutes les expressions culinaires hexagonales importées dans la langue anglaise : apéritif, croquette, consommé, croûtons, flambé, hors-d'œuvre, gratin, quiche, liqueur, mayonnaise, petits fours, soufflé… Puis elle s'étonne qu'entre 1997 et 2003, l'obésité ait augmenté de 15 % en France – que 11,6 % d'adultes et 15 % d'enfants y souffrent de surpoids. Le docteur Jane Goodall a une explication.

"La multiplication des fast-foods, la mondialisation d'une cuisine bon marché à base de viande et d'huiles sursaturées, voilà ce qui a altéré la tradition française du bien-manger, son goût pour les produits frais et de terroir.

– Vous n'allez pas convaincre les Français de devenir végétariens…
– Ils pourraient manger moins de viande. Ils pourraient s'interroger sur l'élevage et l'abattage de masse, se demander quelle philosophie justifie toutes ces souffrances. Pensez à ce qu'est la vie d'une vache, élevée en prison, piquée aux hormones, s'effondrant sur elle-même, souvent envoyée à l'abattoir consciente, écorchée vive.

– Ecorchée vive ?

– Je n'invente rien. De nombreux animaux meurent dans des conditions effroyables, dépecés encore vivants, lisez le reportage de Gail A. Eisnitz sur les abattoirs de Chicago [Slaughterhouse : the Shocking Story of Greed, Neglect, and Inhumane Treatment Inside the US Meat Industry, Prometheus Books, 1997].

- Avez-vous déjà approché une vache ?

Enfant, j'allais à la ferme de ma grand-mère dans le Kent. Les vaches répondaient à leur nom, nous connaissions la personnalité de chacune, le troupeau paissait dans un pré de trèfles, changeait de pâturage. Ensuite, nous y mettions les cochons qui retournaient la terre, dévoraient les bouses, éliminaient bactéries et parasites. J'adore les cochons.
Ce sont des bêtes très intelligentes, joueuses, affectueuses, comme les chiens. Quand on pense qu'ils sont enfermés dans des porcheries minuscules où règne une odeur infernale, alors qu'ils possèdent un odorat extrêmement fin ! En mangeant tous ces animaux, qui ont longtemps été nos dieux, nos proches, nous mangeons leurs souffrances, nous incorporons les tortures qu'ils subissent. Je ne peux pas l'oublier."

De la façon dont l'homme traite les animaux, il traitera les humains.

C'est un des thèmes récurrents chez Jane Goodall. "Prenez les premières chaînes de montage des usines Ford, elles ont été copiées sur le modèle des abattoirs. Ce n'est pas par hasard."  Henri Ford, selon elle, avait remarqué que parcelliser les opérations d'écorchage concentrait les employés sur une activité mécanique – qui leur évitait toute réflexion. On n'abattait plus des bêtes, on abattait un travail. Sans état d'âme. En appliquant ces méthodes aux humains, Henri Ford a inauguré les "temps modernes" décrits par Chaplin. L'ère industrielle qui a déshumanisé le travail – et le travailleur.

LE MARTYRE DES SAUMONS

"Dès que nous ne considérons plus les humains comme tels, nous les traitons, dit-on, comme des animaux . Or, traiter sans aucune compassion les animaux, les considérer comme des objets industriels et plus comme des espèces souffrantes, est déjà une cruauté indéfendable."  Sa colère scintille.

Evaluer les conséquences incalculables de chaque bouchée de nourriture, voilà la nouvelle quête de Jane Goodall.
Prenez un sushi. La semaine de notre rencontre, le Fonds mondial pour la nature (WWF) appelait solennellement les grandes surfaces à cesser de vendre du thon rouge, le grand thon fuselé de Méditerranée. Il disparaît à jamais, dégusté dans tous les restaurants japonais d'Europe. Jane Goodall hausse les épaules à cette nouvelle. Rien ne l'étonne plus depuis qu'elle mène ses recherches. Beaucoup de grands poissons sont condamnés à court terme : elle en dresse la liste dans son ouvrage, au chapitre "Le pillage des mers et des océans".
D'après des enquêtes canadiennes récentes, le saumon boccacio, la raie tachetée, le chevalier cuivré, le colin, l'églefin, l'espadon, le capelan, le thon, la morue (ou cabillaud) sont tombés en Atlantique en dessous des 10 % de leurs populations de 1950.

"Quand j'étais petite, la morue était considérée comme le pain de la mer . Elle était très bon marché. Nous en achetions dans les fish and chips et les emportions chez nous dans du papier paraffiné. Aujourd'hui, la morue est en voie d'extinction. Tout comme le saumon sauvage. Nous mangeons des saumons d'élevage entassés dans des fermes piscicoles où on les nourrit avec des petits poissons, décimés à leur tour. Ils attrapent des poux de mer qui se répandent hors des cages et exterminent les espèces sauvages. Ils présentent des ulcères, des maladies du foie, deviennent obèses. Les producteurs les traitent avec des antibiotiques et des hormones de croissance.
Ils les inondent avec des colorants roses pour que leur chair soit présentable dans les supermarchés. Des études menées par la biologiste Angela Morton en Colombie-Britannique ont montré qu'ils sont infestés par des bactéries résistant à 11 antibiotiques sur 18." 

DES SIGNES D'OPTIMISME

Derrière sa critique de la nourriture industrielle, les animaux demeurent toujours au cœur de ses préoccupations. "Aux Etats-Unis, les produits chimiques agricoles tuent à peu près 67 millions d'oiseaux chaque année. En Iowa, on ne les entend plus saluer le printemps sur les terres cultivées.
Silent spring, "le printemps silencieux", la prophétie de Rachel Carson, une des initiatrices du mouvement écologique des années 1960, semble en passe de se réaliser. C'est affreux…" Quand on oppose à Jane Goodall qu'il faut bien développer une agriculture intensive pour nourrir une population de six milliards d'humains, elle se fâche. "Je crois à l'avenir de la culture biologique.

– Mais cela ne suffira pas…

– Les jeunes générations comprennent, je le vois dans toutes mes conférences. Elles vont boycotter la nourriture industrielle, elles vont changer leur manière de se nourrir, et cela va gagner le monde…

17.02.2009

Tégénaire bien sympa !

Cover_S190Jardin_190_269   IMG_17749  http://technique.macrophotographie.eu/

Les amis (et les amoureux) de la nature, faune et flore, petites bêtes et fleurs sauvages, hirondelles et coccinelles, papillons, gui et herbes folles, adorent deux magazines : La Hulotte, que l'on ne présente plus et La Salamandre.

La rédaction de ce bimestriel, autour de Julien Perrot, son rédac' chef (et fondateur), fait un travail formidable, épatant. La revue des curieux de nature en est à son 190ème numéro.
Celui de février et mars 2009 vient à peine de sortir. Mais on ne peut pas le trouver en kiosque.
Il est consacré à 'l'autre jardin', cet espace où l'homme compose, dialogue et négocie avec la nature. Pour faire de ce lieu un refuge pour tous, pour lui comme pour ses proches, pour les hérissons, le pissenlit ou les moineaux.

Voici les coordonnées du site : www.salamandre.net. La revue est imprimée sur papier recyclé et emballée dans un film végétal biodégradable.

Je te livre un court extrait de ce numéro 190 (52 pages).

Pattes poilues

A l'intérieur des maisons, cela bouge aussi du côté des araignées. Immense, noire et poilue, la tégénaire en balade fait hurler les âmes sensibles et frissonner les plus courageux.

A la nuit tombée, on la voit courir le long des murs. On la retrouve au matin, piégée au fond de la baignoire. Précisons qu'elle est incapable de monter par les siphons: la tégénaire s'aventure simplement par en haut et ne parvient pas à remonter les bords lisses des cuvettes.

Ces apparitions portent à croire que les araignées rentrent dans les maisons à l'automne pour passer l'hiver au chaud.
Faux ! En réalité, les tégénaires vivent toute l'année dans nos appartements, en toute discrétion.

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