04.11.2009
Bonjour tristesse : Claude Lévi-Strauss n'est plus; Claude Allègre se porte plutôt bien

L'auteur de ce blog est d'humeur maussade. Le mot est faible.
Il y a de quoi.
Claude Lévi-Strauss s'en est allé, à l'aube de sa 101ème année.
Claude Lévi-Strauss était un géant. Pour la pensée contemporaine, pour la pensée...tout compte fait.
Ses travaux d'ethnologue, d'anthropologue, n'ont eu de cesse d'appréhender le rapport des hommes aux animaux et des hommes aux hommes, stigmatisant ainsi avec force et lucidité la 'dévalorisation' humaniste, de l'animal.
Claude Lévi-Strauss réclamait un droit du vivant et demandait à l'homme, occidental particulièrement, être souffrant, qu'il fasse enfin preuve de cette qualité (propriété ?) propre à Sapiens à l'égard de l'animal, ce 'plus autrui des autrui' : la pitié.
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20.10.2009
Accident de chasse banalement mortel à Betpouey : une dragée mais pas de baptême

Les perdreaux n'en sont pas revenus : il cheminait sur le pierrier l'arme à la main, chargée. Question prudence, il y a mieux.
Les perdreaux n'en sont toujours pas revenus : il s'est fraisé et le coup de feu est parti, l'atteignant à la hanche.
Les perdreaux sont passés à autre chose, la vie reprenant son cours : il est mort à l'hosto de Tarbes.
Ce chasseur de 65 ans s'est tiré dessus, là-haut sur la montagne, du côté de Betpouey (Hautes-Pyrénées), samedi 18 octobre.
Les perdreaux ont quitté les lieux le plus discrètement possible en songeant au propos de Sénèque : "La plus grande partie de la vie passe à mal faire, une grande partie à ne rien faire, toute la vie à ne pas penser à ce que l'on fait."
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14.08.2009
Où il est question du respect de la vie...

(Photo de J-M et A-M Hardouin)
"Tu te sentiras solidaire de toute vie et tu la respecteras. Voilà le plus grand commandement.
Dans sa formulation la plus élémentaire, autrement dit sous une forme négative : Tu ne tueras point. Interdiction que nous prenons bien à la légère lorsque sans y penser nous arrachons une fleur ou nous écrasons un malheureux insecte et – toujours sans y penser – lorsque dans un aveuglement atroce, car tout se tient, nous méprisons les souffrances et la vie des hommes en les sacrifiant à des intérêts terrestres minimes."
Albert Schweitzer
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24.06.2009
Moby a très bien connu l'animal mort dans votre assiette

On est nombreux sur cette planète à attendre le 30 juin avec impatience. Ce sera en effet la sortie mondiale du dernier album de Moby, Wait for me.
Moby n'est pas un héros du rock et d'ailleurs il ne le souhaite pas. Le côté implacable, vitupérant, c'est pas son truc. La haute voltige il la laisse à d'autres.
Mais encore une fois, d'après ce que j'ai pu entendre grâce à quelques titres mis en ligne, il nous a donné un opus désarmant, authentique, ouvert à tous les vents, avec cette qualité du son qu'on lui connait.
Cet album comporte 16 titres, qui forment un tout cohérent. Mine de rien, on aura quelque chose d'excellent !
Je te propose d'écouter l'un d'entre eux, Pale horses, le 2ème de l'album. Il te suffit de cliquer sur le lien : http://www.deezer.com/track/pale-horses-T3087339
Je suppose que l'émotion et la sensibilité que Moby fait passer tient aussi au fait qu'il est vegan.
Sa compassion, son intérêt (l'un de ses albums s'intitulait Animal rights) pour la cause animale en général et le sort des animaux de ferme et de rente est toujours palpable.
Le blog de Moby : http://www.moby.com/journal
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13.05.2009
Le papillon

http://pagesperso-orange.fr/papillon.macro/index.htm
De toutes les belles choses
Qui vous manquent en hiver,
Qu'aimez-vous mieux ?
Moi, les roses;
Moi, l'aspect d'un beau pré vert;
Moi, la moisson blondissante,
Chevelure des sillons;
Moi, le rossignol qui chante;
Et moi, les beaux papillons.
Le papillon, fleur sans tige
Qui voltige,
Que l'on cueille en un réseau;
Dans la nature infinie,
Harmonie
Entre la plante et l'oiseau.
Gérard de Nerval (1808-1855)
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03.05.2009
L'oiseau

Photo : F.Croset-LPO
POUR FAIRE LE PORTRAIT D'UN OISEAU.
Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.
Jacques Prévert
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15.03.2009
Toujours sur la ligne blanche

Alain Bashung est passé de l'autre côté du miroir.
On ne meurt qu'une fois et c'est pour si longtemps, disait Molière.
Il nous reste ses compositions. Des tranches de vie. Des amours et des peines. Des faiblesses qui nous sont chères. Il y avait 25 ans; rue Marcadet, Paris; Martine me dit je veux pas qu'on m'aime mais je veux quand même. Le noir est une couleur magnifique.
Il est tard, courons vite, cours vite Alain...Trop tard. Le soleil s'est couché.
Je me souviens d'une autoroute...
Coupée en deux
J'ai pas vu le panneau...
Je fermais les yeux
Toujours sur la ligne blanche
Mes yeux sont dans le miroir où je les ai laissés
Je me reconnais même plus sur vos journaux
Comment s'appelle cet endroit
Je me suis perdu, je reconnais pas
J'ai pas bien lu le scénario
Je me souviens d'une autoroute...
Coupée en deux
J'ai pas vu le panneau...
Je fermais les yeux
Toujours sur la ligne blanche
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02.03.2009
Une photo qui dit tout

Je suis bouleversé par cette photo. Hier samedi 28 février, dans le quotidien Libération, elle illustrait un reportage dans cette république démocratique du Congo où la guerre civile déplace des centaines de milliers de réfugiés.
Ce sont deux soeurs, photographiées par Finnbarr O'Reilly pour l'agence Reuters.
Ces deux fillettes 'vivent' dans le camp de Bulengo, proche de Goma, dans l'est du Congo.
Cette région est en guerre depuis 1996. Les atrocités succèdent aux atrocités.
Finnbarr O'Reilly est un photographe de presse réputé. Il a reçu en 2005 la plus haute récompense décernée aux photojournalistes : le World press photo.
Une photo comme celle là, témoignage saisissant, remplace toutes les explications et les commentaires.
Certaines ont fait le tour du monde : celle de cet homme seul face aux chars de l'armée chinoise, place Tienanmen, celle de cette gamine vietnamienne nue, terrorisée, éperdue, fuyant son village arrosé au napalm par les hélicos de l'US Army.
Voici le site de Finnbarr O'Reilly :http://www.finbarroreilly.com/
Pour en terminer sur le sujet, je te livre un court extrait du récit de Paul M.Marchand, canadien comme Finnbarr O'Reilly, grand reporter, correspondant de guerre (Beyrouth, Sarajevo...).
Tu trouveras "Sympathie pour le diable" en format de poche, aux éditions J'ai Lu. Fais gaffe, l'effroi te saisira, tes forces et ton optimisme te quitteront à sa lecture.
" La diarrhée des bonnes intentions contrariait l'essentiel des préoccupations de mes semblables : le meurtre.
L'Homme naît pour être en fin de compte couché, foulé, piétiné.
Jonché de chaos et de sang.
Il se reproduit uniquement pour mieux s'exterminer, se liquéfier en eaux troubles, en poussière et en merde.
[...] La planète est conservée par le sang, pas besoin de la tourmenter par des engagements dictés par la peur, l'émotion et la colère.
Elle génère sa propre survie, son propre élan par des défrichages successifs.
L'indulgence la rend bouffie, l'apathie l'engraisse.
Le remède est le retour régulier à la saignée.
Cette planète est un immense cercueil à l'air libre. Il ne manque qu'un volontaire pour fermer le couvercle."
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05.02.2009
La joie de l'esprit indique sa force

Comme j'écris ces lignes, la pluie tombe sur le Vélux et les fenêtres.Je suis au chaud mais j'ai hâte de retrouver des jours meilleurs et plus éclairés. Et puis, j'ai eu envie de dévoiler une petite partie de moi-même, depuis le temps que l'on se fréquente.
Mes principales influences morales, philosophiques, je les dois à des américains : Ralf Waldo Emerson et Henry David Thoreau. Le second, tu le connais, c'est l'auteur de 'La désobéissance civile' et 'Walden ou la vie dans les bois'. Le premier, penseur joyeux, inspiré par la voie du Tao, fuyant les dogmes et appelant à imiter la Nature, disait notamment que rien ne peut remplacer le soleil pour mûrir les pommes.
Thoreau, Emerson, étaient des sages. Ils aimaient la botanique, les animaux et les livres. Le bon gouvernement, pour eux, c'était celui qui gouvernait le moins.
Communion avec la nature ! Voilà...Je cherchais les mots exacts qui les caractérisaient, cette communion qui s'accompagne néanmoins d'une certaine oisiveté, qu'aucune déception ne peut altérer par conséquent.
Walt Whitman est le plus grand poète américain. Son recueil de poèmes, intitulé 'Feuilles d'herbe', est un chef d'oeuvre absolu. Walt Whitman (c'est lui en photo) se revendiquait du transcendantalisme, courant porté justement par Emerson et Thoreau.
Il écrivit ceci :
"Je pense que je pourrais vivre parmi les animaux, tant ils sont paisibles et réservés.
Je les observe depuis longtemps et ne les vois pas gémir sur leur condition, ni rester éveillés, la nuit, pleurant sur leurs péchés.
Ils ne m'écoeurent pas à discuter de leurs devoirs envers Dieu, aucun n'est insatisfait, aucun n'est obsédé par la rage de posséder les choses, aucun ne s'agenouille devant un autre ni devant ceux de son espèce qui vécurent il y a des milliers d'années, aucun, sur toute la terre, ne se veut respectable ni pitoyable..."

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26.01.2009
Faut pas mollir !
Le moment est à la lutte, il faut se remuer le train, pour nous, pour ceux qui nous ont précédé et qui nous suivront.
Ce sera le jeudi 29 janvier. Si la révolution nationale du gnome compulsif te fait gerber, tu sauras quoi faire ce jour là. Question coups de lattes, répression et morgue de rupins, lui et ses potes milliardaires ne sont pas radins.
Faudra se bagarrer !
Et le 31 janvier, deux jours après, c'est fou, c'est la journée pour l'abolition de la viande.
Le communiqué de l'AVF (Association Végétarienne de France) est si bien foutu que ça me démangeait de le reprendre.
C'est fait:.

"En France, plus de 3 millions d’animaux sont tués par jour dans les abattoirs, sans compter les poissons qui ne sont comptabilisés qu’à la tonne. 98% des Français mangent de la viande, mais ont-ils déjà pensé aux animaux qu’il fallait tuer pour qu’ils puissent le faire ?
Les vaches, cochons, moutons, chevaux, lapins, poulets (etc) souffrent quand, à l’abattoir, on les assomme, égorge, décapite, ébouillante ou qu’on les vide de leur sang.
Car comme nous, les animaux ont un système nerveux central et ressentent la souffrance. Les mangeurs de viande aimeraient-ils qu’on les assomme, qu’on les égorge, qu’on les décapite, qu’on les ébouillante ou qu’on les vide de leur sang?
Non ? Eh bien les animaux non plus… Par ailleurs, la viande n’est pas indispensable à la santé.
Les végétariens sont moins malades et vivent même un peu plus longtemps que les omnivores.
Enfin, l’industrie de la viande gaspille les ressources en céréales et en eau et affame le tiers-monde
En devenant végétarien, non seulement on sauve des dizaines d’animaux par an, mais on contribue aussi à la sauvegarde de la planète et de ses habitants.
Cette manifestation est organisée à l’occasion de la première Journée pour l’abolition de la viande.
A l'occasion de cette journée de sensibilisation, des conférences, des actions de rue, des distributions de tracts ainsi que des stands d'information sont organisés un peu partout en France pour expliquer au grand public que la consommation de viande est injustifiable d'un point de vue éthique et doit donc pour cette raison être abolie – tout comme l'esclavage humain, aussi injustifiable, l'a été dans son temps."
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